Le livre des évidences (1)

La Terre est plate,
Mais la nef au haut mât m’apporte autre nouvelle.
Le hunier jubilant contemple les abîmes,
Et moi mirant aval, j’ignore la nacelle,
Observant l’orbe froid, lunaire pantomime.

La Terre-mère
Patiente nourricière
La Mer amante
Assassine commère

Nouveau matin l’astre luit
Jour après jour sans répit
Tous les matins hors son lit
Le narquois dit dans un ris
S’il ne se lève pas
Qu’en est-il

Après la pluie, le beau temps.
Après le beau temps, la pluie.
Malheur sans fin, malheur sans frein,
Pour le pauvre banni depuis
Le jour qu’il a quitté le sein.

Tuer est un mal nécessaire
Dit le soldat fidèle
C’est la loi de nature
Manger implique de tuer
Manger son ennemi est le fait du barbare

Il faut rire dans la vie !
La fille était trop jolie.
Le garçon était timide,
Sa bourse, hélas, bien vide.
Il avait de la passion,
Et l’invita à la danse.
Elle avait de l’impatience,
Et joua la dérision.
Autant il était tendre,
Autant il sut se pendre.

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