Quand on n’a plus le choix

Demain matin des enfants pleureront,
Car aujourd’hui, c’est jour de la bataille
Et leurs papas devant nous sauteront.
Nous tirerons la mort dans leurs entrailles.
Nous tirerons peut-être les premiers.
Mon général, a-t-on droit de pleurer,
Quand on n’a plus le choix?

Ils sont venus, pillards et assassins.
Pour les bloquer, j’ai une mitraillette,
Et mon courage et mes tremblantes mains.
Il faudra bien planter ma baïonnette,
Sans hésiter, sans frémir, sans penser.
Mon général, a-t-on droit de crier,
Quand on n’a plus le choix?

La jeune fille, en la ville étrangère,
Dont j’ai rêvé au cours de mes voyages,
La belle fille a vu partir ses frères.
Je les ai vus au cœur de nos carnages.
Dois-je avouer le tir de nos mortiers?
Mon général, peut-on encore aimer,
Quand on n’a plus le choix?

Triste devoir des querelles géantes,
Triste devoir , qui fait pleurer les mères,
Triste devoir, qui rend nos mains sanglantes
Et aux enfants donne des jeux amers!
Mais pourront-ils jamais nous pardonner?
Mon général, peut-on encor prier,
Quand on n’a plus le choix?

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