Archives par étiquette : éducation

What is success?

Success is relative.

You succeed when you reach your objectives, whatever those objectives are.

If your objective is to please your guest, making a good cake is a success. At school you can be successful in doing an interesting presentation or in writing a very smart essay. You’re always successful in doing something. You can’t be successful in general.

The objectives of the students do not necessarily match the objectives of the school or the objectives of the teacher.

Continuer la lecture

How to motivate the students?

This is one of the most common questions in pedagogy. Sometimes it reflects a lot of anxiety.

This question is similar to this one: how to be healthy? It’s quite obvious that there is no straight answer. There are lots of things to do in order to be healthy. You need a good hygiene. You need some good daily routines, like enough sleeping time or a well-balanced diet. You may need medications sometimes. If one of your organs fails dramatically, you’re dead. It doesn’t matter if you loose your brain, or your liver, or your heart, or your kidney. The result is the same. Your need all of them in a correct shape.

Continuer la lecture

La logique du don

« C’est l’intention qui compte. »

Les proverbes sont souvent idiots. Du moins, ils tournent aisément à l’idiotie. Ils ne sont vrais que d’un certain point de vue, point de vue que l’on omet de préciser. C’est justement leur but: la formule percutante nous dispense de réfléchir.

Continuer la lecture

Le dernier recours

Il n’y a pas de droit absolu, pas même le droit à la vie. Ce qui est absolu, c’est le devoir du policier de tenter les autres solutions avant de recourir à la violence. Il n’est certes pas légitime de tuer un homme et je ne milite pas pour le retour de la peine de mort. Mais mon droit à la vie tient à au moins deux conditions: que je respecte la vie des autres et que j’y tienne moi-même. Si je suis en train d’assassiner mon prochain, me tuer sera de la légitime défense et je n’aurai subi aucune injustice en mourant sous les balles d’un policier. J’aurai simplement récolté les conséquences de mes actes. Si je tiens des enfants en otage et que je menace leur vie, le policier aura même le devoir de m’abattre. C’est devenu pour lui une triste nécessité.

On espère n’avoir jamais à punir. Tant que ça reste bon enfant…

Continuer la lecture

Scatologie et exotisme

J’ouvre encore une fois l’album souvenir. Voici un petit article que j’ai écrit pour Sanqualis, quand je dirigeais un centre d’alphabétisation à Djibouti.

 

Comment faire caca, voilà bien un sujet étonnant pour une formation pédagogique à destination des directeurs d’école.

Et pourtant, quand on en sait les raisons, ça ne donne pas envie de rire. Il y a quelque temps, USAID a lancé un programme assez important pour améliorer les conditions sanitaires dans les écoles djiboutiennes en construisant des toilettes. Personne n’avait imaginé que leur utilisation pût poser quelque difficulté que ce fût. Mais voilà, en effectuant une petite visite de contrôle, les organisateurs du programme ont constaté que ces toilettes toutes neuves étaient insalubres et donc sous-utilisées. Que s’est-il donc passé ?

Je vous le donne en mille.

Continuer la lecture

Comment se passer du redoublement (éventuellement)?

 

J’ai déjà évoqué dans d’autres articles le mauvais procès fait au redoublement depuis une quarantaine d’années. J’ai aussi rappelé les conditions à respecter si l’on veut qu’un redoublement se passe bien. Toutefois ce dispositif n’est pas sans défauts, il faut bien le reconnaître. Il est parfaitement légitime de chercher à le remplacer ou à le compléter par un dispositif meilleur. Évidemment, nous n’aurons progressé que si la nouvelle solution prend en compte correctement tous les objectifs du redoublement et présente au bilan moins d’effets secondaires, ce qui n’est pas le cas avec la politique actuelle des cycles, mais je n’y reviens pas.

On peut adresser plusieurs reproches légitimes au redoublement.

Continuer la lecture

Les conditions d’un bon redoublement

 

Cet article a aussi été publié sur Contrepoints.

Dans un précédent article, je soulignais l’incohérence de la pratique actuelle. Il est certain que le redoublement n’est généralement pas efficace, de nos jours, en France, parce qu’on s’y prend mal. Il est certain que les impressions des acteurs de l’éducation vont varier très fortement. Certains professeurs affirment n’avoir jamais vu de redoublement efficace. D’autres pourront en citer des dizaines. Il est probable que tout le monde ait raison. Ou plus exactement, tous ces témoignages méritent le respect. Mais il faut les prendre pour ce qu’ils sont, de simples témoignages concernant des cas particuliers, ou plutôt des contextes particuliers. La personnalité de l’élève n’est manifestement pas le seul facteur qui décide de la réussite. à voir le caractère très tranché des points de vue, il est très probable que l’organisation de l’école est déterminante. S’il peut y avoir beaucoup de succès quelque part et aucun ailleurs, c’est lié d’une manière ou d’une autre aux lieux et non pas aux personnes. Quelles peuvent donc être les conditions de réussite d’un redoublement?

Continuer la lecture

Diviser les redoublements par deux?

Cet article a été publié précédemment sur Contrepoints.

“It is with infinite caution that any man ought to venture upon pulling down an edifice which has answered in any tolerable degree for ages the common purposes of society, or on building it up again without having models and patterns of approved utility before his eyes.” Edmund Burke

Peu de pays sont touchés autant que la France par l’illusion révolutionnaire, cette détestable idéologie qui consiste à croire que le progrès passe par le renversement systématique des vieilles institutions et qu’il peut résulter une quelconque nouveauté d’une tabula rasa. Quand cette idéologie touche l’école, on atteint les sommets de l’absurde. L’idée même d’une refondation est scandaleuse. Une méthode pédagogique demande beaucoup de patience, de tâtonnements, d’erreurs, d’ajustements, avant de parvenir à un niveau acceptable. Rien que la mise en place d’un examen national prend une bonne dizaine d’années. Il faut bien tout ce temps, pour que l’expérience permette aux professeurs de comprendre les vraies exigences qui se cachent derrière les descriptifs des épreuves, et pour qu’ils adaptent leurs cours en conséquence. Plus fondamentalement, le savoir est cumulatif. L’enseignement est foncièrement conservateur, parce qu’il consiste à épargner aux nouvelles générations les erreurs, les hésitations et les tragédies de leurs ancêtres. Il s’agit de gagner du temps. Les adolescents rebelles reproduisent les mêmes erreurs de génération en génération, mais ordinairement, ce sont les adultes qui ont le pouvoir. Nos ministres se comportent depuis quelques décennies comme des adolescents bêtes et généreux.

Continuer la lecture

Faut-il vraiment un contrôle qualité dans nos écoles?

 

Cet article a également été publié sur Contrepoints.

C’est avec une grande inquiétude que je vois les partisans de la liberté réclamer des contrôles de qualité dans nos écoles.

 

 

Je conçois leur démarche. Les résultats réels de l’école publique sont lamentables. Je ne parle pas des résultats au bac ou à PISA, ni même de ces élèves qui partent sans diplôme, car le diplôme est trompeur. Il y aura toujours des gamins pour rater les épreuves, car on ajuste toujours son effort aux besoins. Et il y a forcément des gens qui visent trop court, même lorsque les sujets sont grotesques de facilité. Mais si les épreuves présentent un minimum d’exigence, tous ceux qui auront tenté sérieusement auront appris quelque chose. Il pourrait exister une école dont tous les élèves ne seraient pas destinés à faire des études, mais où tous sauraient lire, calculer et rédiger correctement. Mais ils n’ont pas de certificat à présenter à un employeur? La belle affaire! Ils savent écrire. Ont-ils besoin d’un papier tamponné pour en faire la preuve? Qu’ils écrivent et c’est assez! Méfions-nous des garanties qui n’en sont pas. Aujourd’hui nous avons des centaines de milliers de collégiens qui, ne sachant pas lire, ne comprennent rien à ce qui se passe en classe et mettent le désordre pour s’occuper.

 

Continuer la lecture

J’aimerais avoir tort et passer pour un con

 

Mais je sais, ô Troyens que Cassandre a raison.

 

Qu’un professeur se plaigne de la baisse du niveau, c’est un lieu commun, auquel on n’accorde plus guère d’importance. Vraie ou fausse, cette assertion est dans les mœurs. Mais qu’un professeur se suicide en affirmant que la crise de l’école est devenue à ce point insupportable, voilà qui n’est pas banal. Sa lettre montre une grande lucidité et ne ressemble en rien au délire d’un asocial. Son geste ne peut manquer de nous interpeller: se peut-il que l’on en soit arrivé à ce point? Je n’aurai évidemment pas la prétention d’interpréter son suicide plus avant, et les opinions que je vais exprimer ne sont bien évidemment que les miennes. Il y a quelques mois, Antoine Prost, historien de l’éducation, qui a passé quarante ans de sa carrière à prétendre le contraire, a confirmé le constat de la baisse de niveau. On est en droit de s’inquiéter. Continuer la lecture