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Quand on n’a plus le choix

Demain matin des enfants pleureront,
Car aujourd’hui, c’est jour de la bataille
Et leurs papas devant nous sauteront.
Nous tirerons la mort dans leurs entrailles.
Nous tirerons peut-être les premiers.
Mon général, a-t-on droit de pleurer,
Quand on n’a plus le choix?

Ils sont venus, pillards et assassins.
Pour les bloquer, j’ai une mitraillette,
Et mon courage et mes tremblantes mains.
Il faudra bien planter ma baïonnette,
Sans hésiter, sans frémir, sans penser.
Mon général, a-t-on droit de crier,
Quand on n’a plus le choix?

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Fuir

Resterai-je demain entre les murs de Troie
Quand les Grecs assemblés sonneront l’hallali,
Quand les chiens dévorants hurleront sur nos voies
Et que les fils de chef iront souiller nos lit?

J’ai été rejeté, mes pairs m’ont méprisé.
La honte était mon lot dans les halles de pierre.
Je voulais les honneurs et je n’ai pas osé
Dire que Cassandra savait plus que nos frères.

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Expiration

Depuis combien de temps suis-je là, étendu?
La douleur en mon corps est tout ce que je sais.
Une balle? Un shrapnel? Quoi qu’il en soit, c’est laid.
Mon sang triste s’écoule en la terre perdue.

En haut de la colline, au milieu des sapins,
Au-dessus de l’école, il est un cimetière,
Plein de papillons bleus, où m’attendent mes pères.
Ma sœur viendra y mettre un bouquet de lupins.

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Plus jamais ça

Un petit impromptu en réponse à un poème posté sur un forum, dont la dernière strophe est :

Petit enfant meurtri, je promets, plus jamais,
Tu ne verras l’horreur assassiner la paix,
A partir de ce jour, avec mes camarades
Nous détruirons le feu qui sortait de nos armes…
.

 

J’aimerais pouvoir faire
De si belles promesses,
Mais tirerais le fer
Pour un fils en détresse.

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Quelque part sur la Somme

Humour, horreur ou compassion ne sont après tout que des questions de point de vue. Il convient de choisir soigneusement celui que l’on adopte. Voici une nouvelle façon de voir l’histoire que j’ai déjà racontée ici et .

Dix jours d’obus narquois et trois jours de combat
Ont réduit la section. On se repose enfin.
Les pelles affutées rangées dans la cagna,
On cuisine un dîner, on se soigne les mains.

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Le goût de l’abondance

Bien au chaud, bien à l’aise, il s’endort doucement.
Sa couche est agréable. Ah! L’odeur de la chair!
Les bruits qui, par moment, déchirent le ciel clair
Ne faisaient déjà plus frémir ses grands-parents.

Que c’est beau! A travers la toiture ajourée,
Il contemple parfois des boules de lumière.
Le danger est au loin. Il le sait, en est fier,
Et il rêve déjà de précieuses denrées.

Il a bien trop mangé, mais pourquoi se priver?
Il se sent un peu gras, ces temps-ci, c’est certain…
Viande à tous les repas et certains jours du pain!

Vraiment tout va très bien! Pourquoi donc se lever?
Crac! Hélas une main a traversé les côtes
Du logis dont le rat s’était fait le bel hôte.
Ce poème n’est au fond qu’une autre manière de voir ce que j’ai déjà raconté ici. Le lecteur, j’espère, voudra bien me pardonner cette coquetterie.