Archives par étiquette : morale

Un critère de justice

En matière de justice, LA question fondamentale est: « Qui doit payer? » Il n’y en a pas d’autre.

La réponse spontanée: « Quelqu’un d’autre! »

La réponse socialiste: « Les riches! » Quitte à tuer (ce n’est pas toujours une métaphore) la poule aux oeufs d’or (c’est une métaphore).

La réponse du manifestant: « L’État! » Manque de chance, l’État c’est le contribuable, qui se trouve souvent être le manifestant lui-même.

La réponse libérale: « Celui qui réclame le service! » Réponse juste, sans doute, mais il y a des exceptions évidentes.

La réponse de l’enfant (et il n’a pas complètement tort): « Papa! » Ou « Maman! » Ça marche très bien aussi.

La réponse de l’écologiste (juste au demeurant, mais elle ne concerne que les dommages): « Celui qui casse! »

La réponse du vieillard: « Les jeunes! » Bien difficile de faire autrement.

La réponse du juge: « Le criminel! »

La réponse du Christ: « Moi! »

J’aimerais avoir tort et passer pour un con

 

Mais je sais, ô Troyens que Cassandre a raison.

 

Qu’un professeur se plaigne de la baisse du niveau, c’est un lieu commun, auquel on n’accorde plus guère d’importance. Vraie ou fausse, cette assertion est dans les mœurs. Mais qu’un professeur se suicide en affirmant que la crise de l’école est devenue à ce point insupportable, voilà qui n’est pas banal. Sa lettre montre une grande lucidité et ne ressemble en rien au délire d’un asocial. Son geste ne peut manquer de nous interpeller: se peut-il que l’on en soit arrivé à ce point? Je n’aurai évidemment pas la prétention d’interpréter son suicide plus avant, et les opinions que je vais exprimer ne sont bien évidemment que les miennes. Il y a quelques mois, Antoine Prost, historien de l’éducation, qui a passé quarante ans de sa carrière à prétendre le contraire, a confirmé le constat de la baisse de niveau. On est en droit de s’inquiéter. Continuer la lecture

Plus jamais ça

Un petit impromptu en réponse à un poème posté sur un forum, dont la dernière strophe est :

Petit enfant meurtri, je promets, plus jamais,
Tu ne verras l’horreur assassiner la paix,
A partir de ce jour, avec mes camarades
Nous détruirons le feu qui sortait de nos armes…
.

 

J’aimerais pouvoir faire
De si belles promesses,
Mais tirerais le fer
Pour un fils en détresse.

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Le clonage reproductif humain

Me voilà bien gêné pour démarrer cet article. Je me vois dans l’obligation de présenter mes excuses aux lecteurs, tant le sujet paraît rebattu – un comble pour une rubrique d’anticipation ! Que tous ceux qui pensent tout savoir et pour qui tout débat est d’ores et déjà plié passent aussitôt à l’article suivant. Pour les autres, nous nous efforcerons de laisser de côté tant la fascination béate pour le progrès que les considérations idéologiques ou théologiques et nous examinerons la question du clonage reproductif de façon aussi pragmatique que possible. Partons du principe que le clonage est possible. Les problèmes de mise au point sont dépassés, les clones naissent jeunes comme prévu et les risques d’échec ont été réduits à un niveau qui permette d’envisager la commercialisation du procédé. La technique est sans danger particulier pour la mère porteuse (du moins d’un point de vue physiologique) et l’on maîtrise suffisamment l’analyse génétique pour savoir ce que l’on offre au client.

La première question qui se pose, naturellement, c’est : à quoi ça sert ? Qui va être demandeur d’un clonage et surtout dans quel but ? Sans réponse à cette question, pas moyen de prévoir les éventuelles conséquences, donc pas moyen de formuler un jugement moral valable. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs.

Ca demande ici un certain effort d’imagination, car, après tout, reproduire un humain à l’identique peut sembler superflu. Qu’ai-je besoin de déployer tant d’efforts pour obtenir ce qui existe déjà ? Quelle est la valeur ajoutée par rapport à une procréation naturelle ? A la vérité, on peut tout de même distinguer plusieurs marchés porteurs.

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La cyberpute

Nous avons vu il y a quelque temps comment les guerriers modernes s’apprêtent à repenser leur métier et les pièges dans lesquels ils risquent de tomber. Après une dure journée de campagne sur ordinateur, à quel genre de repos du guerrier pourront-ils prétendre ? Imaginons un instant que les bordels militaires de campagne suivent à leur tour une évolution high-tech. Après tout, pourquoi le plus vieux métier du monde devrait-il se cantonner à un stade artisanal ? Il ne serait pas très difficile de rédiger une offre alléchante :

Plus belle que votre première fiancée, mieux proportionnée que celle de votre voisin, plus douce que votre premier baiser, plus savante qu’Ulla, Frida et Morgana réunies, la cybercallgirl de XXXX vous propose les sensations inédites du 77ème ciel.

La cyberpute existe aussi en version masculine. Pour tout fantasme particulier, contactez nos services au XXXXXXX, écoute et discrétion garanties.

Nul doute qu’en combinant les expertises des meilleurs roboticiens, celles des sexologues et des stars du porno, on ne parvienne à fabriquer un produit fort convaincant.

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