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Comment se passer du redoublement (éventuellement)?

 

J’ai déjà évoqué dans d’autres articles le mauvais procès fait au redoublement depuis une quarantaine d’années. J’ai aussi rappelé les conditions à respecter si l’on veut qu’un redoublement se passe bien. Toutefois ce dispositif n’est pas sans défauts, il faut bien le reconnaître. Il est parfaitement légitime de chercher à le remplacer ou à le compléter par un dispositif meilleur. Évidemment, nous n’aurons progressé que si la nouvelle solution prend en compte correctement tous les objectifs du redoublement et présente au bilan moins d’effets secondaires, ce qui n’est pas le cas avec la politique actuelle des cycles, mais je n’y reviens pas.

On peut adresser plusieurs reproches légitimes au redoublement.

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Les conditions d’un bon redoublement

 

Cet article a aussi été publié sur Contrepoints.

Dans un précédent article, je soulignais l’incohérence de la pratique actuelle. Il est certain que le redoublement n’est généralement pas efficace, de nos jours, en France, parce qu’on s’y prend mal. Il est certain que les impressions des acteurs de l’éducation vont varier très fortement. Certains professeurs affirment n’avoir jamais vu de redoublement efficace. D’autres pourront en citer des dizaines. Il est probable que tout le monde ait raison. Ou plus exactement, tous ces témoignages méritent le respect. Mais il faut les prendre pour ce qu’ils sont, de simples témoignages concernant des cas particuliers, ou plutôt des contextes particuliers. La personnalité de l’élève n’est manifestement pas le seul facteur qui décide de la réussite. à voir le caractère très tranché des points de vue, il est très probable que l’organisation de l’école est déterminante. S’il peut y avoir beaucoup de succès quelque part et aucun ailleurs, c’est lié d’une manière ou d’une autre aux lieux et non pas aux personnes. Quelles peuvent donc être les conditions de réussite d’un redoublement?

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Diviser les redoublements par deux?

Cet article a été publié précédemment sur Contrepoints.

“It is with infinite caution that any man ought to venture upon pulling down an edifice which has answered in any tolerable degree for ages the common purposes of society, or on building it up again without having models and patterns of approved utility before his eyes.” Edmund Burke

Peu de pays sont touchés autant que la France par l’illusion révolutionnaire, cette détestable idéologie qui consiste à croire que le progrès passe par le renversement systématique des vieilles institutions et qu’il peut résulter une quelconque nouveauté d’une tabula rasa. Quand cette idéologie touche l’école, on atteint les sommets de l’absurde. L’idée même d’une refondation est scandaleuse. Une méthode pédagogique demande beaucoup de patience, de tâtonnements, d’erreurs, d’ajustements, avant de parvenir à un niveau acceptable. Rien que la mise en place d’un examen national prend une bonne dizaine d’années. Il faut bien tout ce temps, pour que l’expérience permette aux professeurs de comprendre les vraies exigences qui se cachent derrière les descriptifs des épreuves, et pour qu’ils adaptent leurs cours en conséquence. Plus fondamentalement, le savoir est cumulatif. L’enseignement est foncièrement conservateur, parce qu’il consiste à épargner aux nouvelles générations les erreurs, les hésitations et les tragédies de leurs ancêtres. Il s’agit de gagner du temps. Les adolescents rebelles reproduisent les mêmes erreurs de génération en génération, mais ordinairement, ce sont les adultes qui ont le pouvoir. Nos ministres se comportent depuis quelques décennies comme des adolescents bêtes et généreux.

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