Amis d’enfance?

Que reste-t-il de nos journées d’école?

Dans la cour d’une école, au milieu des platanes,
Les enfants jouent en chœur.
Les rondes et les bonds, les cris, les coq-à-l’âne,
Les chants pleins de ferveur,
C’est la joie distillée, très belle Marie-Anne,
Qui coule dans les cœurs.
Le maître dit: « C’est bien. »

Dans la cour d’une école, au milieu de la ronde,
P’tit Pierre est malheureux.
Les regards indiscrets, tous les rires du monde,
Il les supporte « un peu »,
Car même Iphigénie, la plus jolie, la blonde,
Se moque de ses jeux.
Et le maître intervient.

Dans la cour d’une école, on les a rassemblés.
Pierrot compte ses larmes.
Tandis qu’on se déguise en vue de la soirée,
Il s’enfuit sans alarme.
Et quand on applaudit à la danse des fées,
Il s’empare d’une arme.
Le maître ne voit rien.

Que sont-ils devenus, ces enfants qui riaient
De cruauté, ou de joie ineffable?
L’un est tombé, l’autre a vécu.
Mais quel est donc celui,
Qui s’est soûlé
De pleurs?
J’ai peur.
Où est allé
Celui qui s’est enfui?
M’amie, vous a-t-on répondu?
De quel délit s’est-il cru le coupable?
Comment être l’ami qui le consolerait?

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