Complainte de la reine

J’avais l’idée d’insérer ce poème dans un récit. Je ne sais pas quand je pourrai réaliser ce projet, ni même si je le ferai un jour. Alors je vous livre ces quelques vers:

N’écoutez pas mon chant d’amour,
Qui monte de la mer aux cruelles couleurs.
Le flux et le reflux ont englouti mon cœur
Sous la douleur d’un linceul sourd.

Ne dites plus son nom aimé
Nul ne répondra plus à cet appel glorieux
Qui retentissait clair comme un défi aux cieux
Et annonçait prospérité.

N’écoutez pas ma plainte affreuse
Qui plane sur les flots dévoreurs de passions
Fantasmées dans le lit aux profondes toisons
De ma rêverie chaleureuse.

En ce temps j’étais oublieuse
Tandis que mon amant, la chevelure au vent,
M’apparaissait en songe, armé et redisant,
Perdue, sa promesse trompeuse.

Ne chantez pas le rêve exquis
Que j’admirais jadis dans le clair de ses yeux,
Sous la lune amicale, ils disaient toujours mieux
Au cœur à son départ soumis.

N’exaltez plus le triste honneur
De la Dame avançant dans les ors du palais
Qu’au temps de sa jeunesse il avait amassés
Pour elle et qui lui font horreur.

Oh ! je péris ces sombres jours !
Car nul ne dira plus mon nom aimé.
Non ! Nul n’a plus le droit de prononcer
Le chant ancien de notre amour.

4 Comments

  1. J’aime beaucoup. En particulier l’alternance octosyllabes / alexandrins en chiasme.
    Intéressante , la rupture rythmique de la dernière strophe et la reprise de thèmes de la deuxième.

    On sent une inspiration rimbaldienne au niveau de la forme, non ?

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