Un fusil de Tchékhov

Il relève la tête et il ferme les yeux
Quelques instants. Ses poumons s’emplissent de rage.
C’est un silence épais qui annonce l’orage.
Une main appuyée marque la fin des jeux.

Les regards grands et noir se tournent vers celui
Du père. Un lourd fusil, décroché de son mur
De poussière, est tendu, le geste est franc et sûr,
Par un ami d’enfance. Ils partent dans la nuit.

Rien n’est dit, pas de cris, pas de plan, à quoi bon ?
Le sang répond au sang, les affronts aux affronts.
C’est la saison des pluies, où les larmes cascadent.

Les femmes enlacées referment la maison.
Un autre père au loin s’agrippe à son bâton
Pour une tragédie, pour une mascarade.

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