Mon nouveau livre vient de sortir!

9782343039220r9782343039220vIl est publié par l’Harmattan.

C’est un recueil de trois nouvelles, intitulé Deux souliers superposés.

La première évoque un archéologue maladivement solitaire et sa recherche mystique dans de vieilles tombes puniques.
La seconde, sur un ton plus léger, vous dira ce qui arrive quand on barde sa maison de protections électroniques, pour protéger son bébé des erreurs de la nounou.
La troisième enfin raconte l’histoire d’une petite fille, qui au petit matin, découvre ses souliers dans une étrange position.

Vous pouvez le commander :

- sur le site de l’éditeur

- sur Amazon

- chez votre libraire habituel, pour qu’il soit au courant.

 

 

Scatologie et exotisme

J’ouvre encore une fois l’album souvenir. Voici un petit article que j’ai écrit pour Sanqualis, quand je dirigeais un centre d’alphabétisation à Djibouti.

 

Comment faire caca, voilà bien un sujet étonnant pour une formation pédagogique à destination des directeurs d’école.

Et pourtant, quand on en sait les raisons, ça ne donne pas envie de rire. Il y a quelque temps, USAID a lancé un programme assez important pour améliorer les conditions sanitaires dans les écoles djiboutiennes en construisant des toilettes. Personne n’avait imaginé que leur utilisation pût poser quelque difficulté que ce fût. Mais voilà, en effectuant une petite visite de contrôle, les organisateurs du programme ont constaté que ces toilettes toutes neuves étaient insalubres et donc sous-utilisées. Que s’est-il donc passé ?

Je vous le donne en mille.

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Comment se passer du redoublement (éventuellement)?

 

J’ai déjà évoqué dans d’autres articles le mauvais procès fait au redoublement depuis une quarantaine d’années. J’ai aussi rappelé les conditions à respecter si l’on veut qu’un redoublement se passe bien. Toutefois ce dispositif n’est pas sans défauts, il faut bien le reconnaître. Il est parfaitement légitime de chercher à le remplacer ou à le compléter par un dispositif meilleur. Évidemment, nous n’aurons progressé que si la nouvelle solution prend en compte correctement tous les objectifs du redoublement et présente au bilan moins d’effets secondaires, ce qui n’est pas le cas avec la politique actuelle des cycles, mais je n’y reviens pas.

On peut adresser plusieurs reproches légitimes au redoublement.

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Qui veut (vraiment) mourir? Euthanasie et consentement

 

Article également publié sur Contrepoints

Faire le bonheur des gens malgré eux.

Le tenter, c’est le plus sûr moyen de faire leur malheur.

Non pas qu’il faille se désintéresser du sort d’autrui. C’est un devoir de secourir, d’assister, de conseiller son frère qui est dans la détresse. Mais le risque est grand de se tromper.

C’est un devoir aussi de sauver un homme qui tente de se suicider. La volonté de se supprimer est rarement ferme, et on est généralement heureux, après coup, d’avoir évité la mort. D’ailleurs, si la volonté de mourir était si sûre, on choisirait des moyens ne laissant aucune chance. Les médicaments ne constituent pas une méthode performante. Il y a des poisons, parfaitement sûrs, disponibles dans le commerce ordinaire. La noyade est contrariée par des réflexes. On va rarement faire la tentative très loin d’une rive. L’accident de voiture est un suicide honteux. Il faudrait aller fort vite ou se jeter dans un précipice pour être certain de réussir. La défenestration depuis le premier ou le deuxième étage offre surtout une grande probabilité de recevoir des visites à l’hôpital — et de boiter toute sa vie. La position qui assure le suicide par arme à feu est bien connue. On raconte que Hitler se l’est fait expliquer dans son bunker. Pourtant elle est rarement utilisée. L’immense majorité des tentatives de suicide sont des échecs. En 2010, on n’a compté « que » 10 333 suicides réussis. C’est toujours trop, mais c’est peu par rapport à près de 220 000 tentatives de suicide ayant donné lieu à un contact avec le système de soins. (http://www.sante.gouv.fr/etat-des-lieux-du-suicide-en-france.html) Ces chiffres en disent long sur la volonté de mourir. Si la possibilité de sauver le candidat au suicide existe, alors il faut le tenter, car il lui reste sûrement quelque part une lueur d’espoir. La prudence exige que l’on fasse cette hypothèse. Au demeurant, si par hasard on se trompait, le suicidaire aurait toujours la possibilité de réessayer, sans autre dommage qu’un peu de temps perdu.

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Les conditions d’un bon redoublement

 

Cet article a aussi été publié sur Contrepoints.

Dans un précédent article, je soulignais l’incohérence de la pratique actuelle. Il est certain que le redoublement n’est généralement pas efficace, de nos jours, en France, parce qu’on s’y prend mal. Il est certain que les impressions des acteurs de l’éducation vont varier très fortement. Certains professeurs affirment n’avoir jamais vu de redoublement efficace. D’autres pourront en citer des dizaines. Il est probable que tout le monde ait raison. Ou plus exactement, tous ces témoignages méritent le respect. Mais il faut les prendre pour ce qu’ils sont, de simples témoignages concernant des cas particuliers, ou plutôt des contextes particuliers. La personnalité de l’élève n’est manifestement pas le seul facteur qui décide de la réussite. à voir le caractère très tranché des points de vue, il est très probable que l’organisation de l’école est déterminante. S’il peut y avoir beaucoup de succès quelque part et aucun ailleurs, c’est lié d’une manière ou d’une autre aux lieux et non pas aux personnes. Quelles peuvent donc être les conditions de réussite d’un redoublement?

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Diviser les redoublements par deux?

Cet article a été publié précédemment sur Contrepoints.

“It is with infinite caution that any man ought to venture upon pulling down an edifice which has answered in any tolerable degree for ages the common purposes of society, or on building it up again without having models and patterns of approved utility before his eyes.” Edmund Burke

Peu de pays sont touchés autant que la France par l’illusion révolutionnaire, cette détestable idéologie qui consiste à croire que le progrès passe par le renversement systématique des vieilles institutions et qu’il peut résulter une quelconque nouveauté d’une tabula rasa. Quand cette idéologie touche l’école, on atteint les sommets de l’absurde. L’idée même d’une refondation est scandaleuse. Une méthode pédagogique demande beaucoup de patience, de tâtonnements, d’erreurs, d’ajustements, avant de parvenir à un niveau acceptable. Rien que la mise en place d’un examen national prend une bonne dizaine d’années. Il faut bien tout ce temps, pour que l’expérience permette aux professeurs de comprendre les vraies exigences qui se cachent derrière les descriptifs des épreuves, et pour qu’ils adaptent leurs cours en conséquence. Plus fondamentalement, le savoir est cumulatif. L’enseignement est foncièrement conservateur, parce qu’il consiste à épargner aux nouvelles générations les erreurs, les hésitations et les tragédies de leurs ancêtres. Il s’agit de gagner du temps. Les adolescents rebelles reproduisent les mêmes erreurs de génération en génération, mais ordinairement, ce sont les adultes qui ont le pouvoir. Nos ministres se comportent depuis quelques décennies comme des adolescents bêtes et généreux.

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